AD INTERIEURS 2018 - « Brut et précieux », visite d'un chantier cinq étoiles
- 20 sept. 2018
- 3 min de lecture
Pour sa huitième édition, AD Intérieurs accueille 15 décorateurs dans le joyau architectural qu’est l’hôtel de la Bûcherie, actuellement en pleine rénovation. Entre finesse du détail des décors et état primitif de cet hôtel particulier datant du XVème siècle, on se laisse transporter le temps d’une visite.
Quinze décorateurs, quinze univers. À chaque pièce son style, et à chaque style une infinité d’inspirations traversant les époques. Ici tout est permis, d’où la carte blanche laissée par Cédric Saint André Perrin, curateur de l’exposition, à ces décorateurs qui devront répondre au thème Brut et Précieux en investissant chacun une des salles de l’hôtel.
Un thème pour le moins des plus pertinents quand on voit le degré de finition de chaque pièce : de la poignée de porte au plafond, chaque détail compte. Une qualité de savoir-faire artisanale hors-norme donc, qui tranche avec la brutalité du lieu, tous les espaces communs de l’hôtel étant en travaux.

Salon de méditation - Matthieu Lehanneur
Chaque étage révèle un bouillon de créativité ingénieusement agencé à travers chaque décor. À défaut de pouvoir le pérenniser, on s’en imprègne. La vue, l’ouïe et même l’odorat (on pense au très reposant Salon de méditation de Mathieu Lehanneur), tous nos sens sont mis en éveil pour nous permettre l’absorption la plus totale de ces différentes atmosphères produites par ces esthètes.
La décoration où l’art des mélanges
Une multitude de styles dans un seul et même décor, c’est le pari que se donnent ces designers à l’imagination débordante. À l’image de Thierry Lemaire dans son Bureau précieux, qui mixe style et époque en confrontant une chaise Rick Owens face au Fauteuil de pont signé Maxime Old datant de 1965 :
Où encore, à celle du remarquable duo Oitoemponto qui ose associer les périodes, avec une commode XVIIIème sur laquelle est magistralement posée une sculpture datant de 1970(circa) de Duval Brasseur dans leur Chambre play-boy, rigoureusement masculine. Ces styles en parfaite symbiose laissent place à une homogénéité inattendue dans chaque pièce.
Détails Chambre Play-boy - Oitoemponto
Diversité de styles et tendances naissantes
On remarque cependant plusieurs tendances. Un renouveau de la période Art Déco dans plusieurs aménagements, notamment dans la Chambre couture de Anne Sophie Pailleret, qui fait un sans faute en respectant le thème prescrit, utilisant des matériaux rares et précieux que sont le galuchat, le parchemin ou encore la coquille d’œuf, matières phares de la période Art Déco.

La Chambre couture - Anne Sophie Pailleret
Une touche classicisante refait aussi surface à travers les décors en stuc qu’on peut admirer chez Juan Pablo Molyneux ou avec les arches que donnent à voir le Cabinet de lecture d’Éric Schmitt, dédié à la contemplation.
À quelques mètres de là, une tout autre ambiance, celle des années 70, avec sa jet set noctambuliste. Un décor feutré, chargé mais d’une élégance imposante, on reconnait le style de Laura Gonzalez qu’on ne vous présente plus. Oiseaux de nuit qu’on retrouve également dans le Fumoir noctambule de Humbert & Poyet.
Le cercle de jeu - Laura Gonzalez / Le fumoir noctambule - Humbert & Poyet
Dans cet hôtel devenu si particulier, les frontières de styles et d’époques sont abolies et la liberté de création n’a plus de limite. Une exposition qui en met plein la vue, d’une grande richesse, où l'on ressent un véritable investissement de la part de chaque décorateur. On en ressort la tête dans les nuages, et plus inspirés que jamais. Un exercice de style de haut vol, à voir de toute urgence.
Du 5 au 23 septembre 2018, de 11h à 19h. Compagnie des Philanthropes Hôtel de la Bûcherie 15, rue de la Bûcherie, 75005 Paris.







































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