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The Kid, portrait d'une jeunesse contemporaine, entre réalisme et insolence

  • 31 août 2017
  • 4 min de lecture

On l'a découvert au Grand Palais lors de la foire Art Paris Art Fair 2017. Sur ce stand qui réunissait la plus jeune audience, c'est la galerie ALB qui exposait l'artiste The Kid.

Avec ses sculptures hyperréalistes en silicone, le jeune artiste de 25 ans THE KID, dépeint une jeunesse contemporaine, emprunt d'une violence à nous glacer le sang. Artiste engagé, ses sculptures représentent une jeunesse perdue, et symbolisent le déterminisme sociale qui prévaut sur l'égalité des chances et qui pèse sur la jeune génération.

The Kid utilise une citation d'Oscar Wilde dans " Le Portrait de Dorian Gray" pour expliquer son travail : « Behind every exquisite thing that existed, there was something tragic » (« Derrière toute chose exquise, il y a quelque chose de tragique »). En effet, avec son réalisme qui dérange parfois, il mêle subtilement beauté et drame et pousse le spectateur à s'interroger sur l'oeuvre.

Dans une interview faite par le journal Boum!Bang!, l'artiste raconte comment il a été affecté par des expériences vécuent à l'école dans lesquelles il était la victime à la fois de ses camarades de classe mais aussi de ses enseignants car il était différent des autres et ne rentrait pas dans les "normes".

Dans l'interview, il parle de la façon dont il s'est identifié avec le massacre de Columbine High School et de la façon dont il comprend - dans une certaine mesure - les actions des deux meurtriers (Eric Harris et Dylan Klebold). Il ne les considère pas comme des monstres, mais plus comme des victimes d'une société moderne qui les a laissé à l'abandon, et considère leurs actions comme la conséquence d'une sorte de désespoir social. La sculpture ''Croyez-vous en Dieu?" ( une des victime de Columbine aurait été interrogée : «Croyez-vous en Dieu?» par son tueur, d'où le nom de l'oeuvre d'art), représente en réalité THE KID dans la position de l'assassin. La violence contrastée avec le désespoir, la sculpture faite en silicone, fibre de verre, métal, cheveux humains, peinture à l'huile et autres matériaux variés, représente une figure agenouillée, préparant à se tirer une balle dans la bouche.

THE KID, Do you believe in God, 2013.

Comme un enfant qui pose une question gênante, THE KID nous demande comment accepter une société régulée par une partie de dés.

Voici un extrait d'une interview avec l'artiste réalisé par le magazine Konbini :

Les sujets de tes œuvres sont-ils purement fictionnels ou des personnages réels (que tu pourrais connaître) ? Utilises-tu des modèles vivants dans ton processus créatif ?

En fait, mes œuvres sont souvent inspirées d’évènements – dont la plupart se sont déroulés ces dernières décennies aux États-Unis – et des personnes qui y ont été impliquées. Après, j’utilise des modèles vivants leur ressemblant, ainsi que différentes références visuelles, pour en créer ma réinterprétation personnelle et que cela soit représentatif de ma génération.

As a flower chooses its color est une de tes rares œuvres dont le sujet n’est pas un jeune homme, mais une jeune mère et son nouveau-né – et aussi probablement l’une des plus choquantes pour certains. Peux tu nous en dire plus sur l’idée qui t’a conduit à réaliser cette sculpture ?

Je voulais représenter un nouveau né sortant du ventre de sa mère et se battant déjà pour son droit à choisir son propre futur, alors même que son visage porte déjà les mêmes tatouages de gang que sa mère qui lui donne la vie. Le bébé fait-il un doigt d’honneur ? Cela veut-il dire qu’il sait qu’il est "fucked" et qu’il dit "fuck" à la vie et au monde ou bien, au contraire, qu’il va se libérer du destin qu’on veut lui imposer ? C’est justement là toute la question que je veux poser au public !

As a flower chooses its color, silicone, 2014. (© The Kid, Galerie ALB)

Et puis, la bannière Américaine [sur laquelle la mère est allongée] est pour moi iconique de la dualité entre idéal et réalité, ce qui en fait le parfait symbole contemporain du "clair-obscur social" que nous connaissons actuellement. Les réactions à mes œuvres varient beaucoup selon les personnes. Mais, bonnes ou mauvaises, elles sont toujours passionnées. Beaucoup de gens, d’origines sociales et géographiques très différentes, sont profondément touchés. Souvent, ils peuvent rester un très long moment devant une œuvre, comme plongés dans un état de catharsis personnelle.

Mais certaines réalisations, comme Too young to die ? peuvent déclencher des réactions très choquées. La plupart du temps à la suite d'une erreur d’interprétation à première vue, parfois en raison d’un certain conservatisme du public. Ce n’est pas grave, au contraire !

Too young to die, silicone, 2013. (© The Kid, Galerie ALB)

Justement, est-ce important pour toi que certaines de tes œuvres choquent le public ? Est-ce pour rendre ton message plus percutant ?

Pour être honnête, ce n’est pas quelque chose que je recherche en tant que tel. Ce qui m’importe, c’est que mon travail parle à tout le monde, depuis les passants dans la rue jusqu’aux collectionneurs avertis. Je crois que l’art doit être pour tout le monde, tout comme l’éducation ou la liberté. Pour moi l’art doit parler de l’humanité, de la société. L’art doit représenter son temps, questionner le public, initier un débat, déclencher des prises de conscience chez les gens en leur tendant un miroir. Et je crois que cela n’a jamais été aussi urgent depuis la révolution culturelle des années 1960 !

 
 
 

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