L'exposition Close Parity, un design sans limites
- 10 janv. 2018
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Dernier challenge du designer Marteen Baas dans son exposition «Close Parity » : défier la loi de la gravité. Le designer néerlandais présente sa toute dernière collection « Close Parity », une série de cinq cabinets , aux formes surréalistes, bien plus complexes qu’elle n’y paraissent, à la Carpenters Workshop Gallery.
Marteen Baas, l'enfant prodige
On ne vous présente plus Marteen Baas, considéré comme l’un des designers les plus influents du XXIème siècle. Ses œuvres, reconnaissables entre milles, sont empruntes de son univers surréaliste et bousculent les codes du design, se situant à la frontière entre art et design.
Après avoir étudié à la célèbre Design Academy Eindhovzn, le designer néerlandais se fait connaitre en 2002 à tout juste vingt-quatre ans, avec sa collection Smoke, qui marquera le point de départ d’une longue série. Pour chacune de ses collection, Baas repousse chaque fois les limites du design un peu plus loin. Il présente pour Smoke des pièces emblématiques de l’histoire du design, brûlé au chalumeau, comme la chaise LCW de Charles et Ray Eames ou encore la chaise Zig Zag de Rietveld. C’est donc un design incluant la performance qu’il propose avec Smoke, s’inspirant d’un certain Arman avec son Fauteuil d’Ulysse datant de 1965.
Avec "Clay Furniture" (2007) il imagine des meubles portant encore les traces du modelage, crées à partir d’une armature de métal recouverte d’argile moulée à la main, leur donnant un aspect ressemblant presque à de la pâte à modeler, à la limite du réel. Valeur sûre du design, ses œuvres sont présentées dans plusieurs grands musées tel que le Moma de New York, au Victoria & Albert Museum de Londres ou encore le Rijksmuseum d’Amsterdam. Il a notamment été nommé designer de l’année en 2009, à la foire internationale d’art contemporain, Design Miami et avait fait l’objet d’une rétrospective au Musée des arts décoratifs en 2011.
Ici, l'artiste toujours fidèle à son univers, propose des meubles de rangements aux proportions étranges, narguant les règles de l'équilibre.

Un simple dessin qui contourne les lois de la gravité
Rien de plus ordinaire qu’une commode donc… sauf lorsqu’elle provient de la main de Marteen Baas !
En effet, on reconnait la signature de Baas, qu’il poursuit tout au long de cette nouvelle collection, en nous présentant cinq armoires dont les volumes semblent vaciller, au bord du déséquilibre, bien que les structures, massives, soient en bronze. A l’instar de ses fameuses chaises Clay qui semblent se dérober sous le poids d’un adulte, ici l’armoire est ondoyante, presque mouvante.
Sous son trait enfantin, ses commodes semblent prendre vie et paraissent mobiles, comme si ces poids lourds de bronze pouvaient se déplacer timidement, debout sur leur petit pied. Ses meubles semblent avoir été réalisé sur le vif, tel un croquis, à main levée, se résumant à quelques lignes fluides prenant presque involontairement la forme d’un cabinet. Son modelé simpliste, qui peut sembler maladroit, révèle en réalité une grande prouesse technique. En effet, d’allure instable, ses créations fascinent par leur capacité à tenir en équilibre.

Ses pièces asymétriques, qui semblent tout droit sortir de l’imaginaire de Tim Burton, réalisées en plaques de bronze, sont maintenus en équilibre par des contrepoids, leur donnant beaucoup plus de stabilité que leurs formes instables ne le suggèrent. Partis pris de la galerie : une armoire dans chaque pièce, laissant au spectateur le recul nécessaire pour méditer sur cette prouesse technique que nous livre ici Marteen Baas dans un style très théâtral.
Close Parity, entre fantaisie et rationalité Des formes standards utilisés de manières décalées allié à une performance technique, Close Parity reflète donc cette double facette chez l’artiste, à la fois enfant, avec son dessin simpliste et physicien, contournant les lois de la gravité. En nous offrant un décalage sur nos références culturelles en termes de design, c’est un retour à l’enfance que nous offre Maarten Baas, avec un brin de magie transformant une banale armoire en un objet de poésie. C’est le photographe de renommée mondiale, Erin Olaf qui a su saisir toute la poétique de son œuvre à travers ses photographies pour illustrer sa dernière collection.

Close Parity, c’est donc l’histoire d’un dessin qui prend vie tout en défiant la loi de la gravité. Pour y croire, il faut le voir et c’est à la Carpenters Workshop Gallery qu’il faut se rendre ! Maarten Bass n’a pas fini de nous étonner.
Maarten Baas : Close ParityCarpenters Workshop Gallery, 54 rue de la Verrerie, 75004 ParisDu 18 janvier au 23 mars 2018

















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